|
|
 |
|
Source : AFP |
| [:25:26] |
 |
|
Dans une nouvelle volte-face, la Corée du Nord a fait savoir mardi qu'elle pourrait participer à une prochaine série de pourparlers multilatéraux sur son programme nucléaire, deux semaines après avoir annoncé qu'elle possédait la bombe atomique et qu'elle ne négocierait plus.
"Si les conditions pour la quatrième session des pourparlers à six sont réunies, la Corée du Nord reviendra à n'importe quel moment à la table des négociations", a indiqué le leader nord-coréen Kim Jong-Il, cité par l'agence Chine Nouvelle. Le dictateur du pays le plus fermé au monde, qui parlait à Pyongyang à l'occasion d'une visite de l'envoyé chinois Wang Jiarui, a affirmé que son pays ne s'opposait pas aux pourparlers et ne s'en était pas retiré.
"La position de la Corée du Nord sur une péninsule coréenne dénucléarisée et sur une résolution pacifique de la question par le dialogue demeure inchangée", a dit M. Kim dans sa première déclaration publique depuis l'annonce par la Corée du Nord, le 10 février, qu'elle avait développé une arme nucléaire et qu'elle se retirait des pourparlers pour une durée indéterminée en raison de la "politique hostile" de Washington.
Un haut diplomate nord-coréen avait déjà indiqué samedi que Pyongyang était prêt à rejoindre les négociations sous certaines conditions. "Si les Etats-Unis promettent coexistence et non-ingérence dans les affaires intérieures et garantissent des résultats significatifs aux pourparlers, nous sommes prêts à participer au dialogue quelle que soit sa forme", avait déclaré Han Song-Ryol, ambassadeur de Corée du Nord auprès des Nations unies.
Ce nouveau revirement est intervenu quelques jours après un ballet diplomatique pour relancer un processus au point mort depuis huit mois. Pour que l'Etat stalinien renonce à ses ambitions nucléaires, trois séries de pourparlers ont déjà eu lieu à Pékin en présence des deux Corées, des Etats-Unis, de la Chine, de la Russie et du Japon, la dernière en juin 2004.
Vendredi, Christopher Hill, ambassadeur américain à Séoul et nouveau chef de la délégation américaine aux négociations sur le nucléaire nord-coréen, avait indiqué que la Chine "faisait pression" sur son voisin et allié.
Les analystes soulignaient mardi que Pékin avait probablement convaincu Pyongyang de revenir à la table des négociations, lui faisant comprendre que les sanctions économiques évoquées par le Japon et la Corée du Sud étaient à prendre au sérieux et que les Etats-Unis ne négocieraient pas en dehors du cadre multilatéral.
"Je pense que la Chine a souligné que les menaces du Japon et la Corée du Sud étaient sérieuses et que la situation pourrait s'envenimer", a déclaré Brian Bridges, expert de la Corée du Nord à l'Université Lingnan de Hong Kong.
"La Chine a aussi sans doute fait passer le message que les Etats-Unis ne feraient aucune concession avant une reprise des négociations", a ajouté M. Bridges, en référence à l'aide économique et aux garanties de sécurité réclamées par Pyongyang en préalable à un démantèlement de ses installations.
La semaine dernière, le gouvernement chinois avait clairement dit que "toutes les parties" devaient "faire preuve de patience et de souplesse pour trouver une solution acceptable par tous".
Si une nouvelle réunion était organisée à Pékin, elle permettrait de maintenir un statu-quo qui n'est pas le pire des scénarios mais ne résoudrait probablement pas immédiatement une crise née en octobre 2002 lorsque Washington a accusé Pyongyang d'avoir redémarré son programme nucléaire en violation d'un accord bilatéral signé en 1994. |